4 jeunes, passionnés de musique, sillonnant la région depuis 2006, armés de reprises lors de nombreux concerts, décident de se recentrer sur la composition et la recherche de leur style vraiment propre..The Electric Spangles, c'est cela, un besoin de passer à autre chose, de révéler ce qu'ils ont comme potentiel, en dehors de la scène. Human Wash Machine est un pur plaisir pour les oreilles, ce qu'on doit principalement à Laurent, guitariste, qui compose majoritairement, accompagné de Sylvain au chant, Jocelyn à la basse, et Patrick à la batterie.
Ce cd nous offre une traversée mélodique à travers des contrées inconnues, très vintage, à travers la manière d'enregistrer, et le son de la guitare, très rétro.
The Electric Spangles ne cherchent pas à s'imposer par le bruit, le gros son qui déchire, mais par leur envie de renouvellement, et de recherche musicale : l'ambiance est résolument calme, à l'image de « Road to India » qui aurait pu être au générique du film « Into The Wild » tant il fait penser à un morceau de road movie hippie, avec une base instrumentale psychédélique, la guitare parsemant des accords flous, le ton spécial de la voix qui se voit travaillée, enveloppée, avec des fins de phrases tenues, lâchées, entre chant et psalmodie...C'est un morceau entêtant et qui donne l'envie de s'échapper, tel le protagoniste, sur la route de l'Inde.
Précédent cette apologie de la détente, on découvre le titre éponyme du cd, "Human Wash Machine", qui nous offre une intro ressemblant à une troupe d'hélicoptères, avant de partir dans une incantation électronique rapport à une certaine machine à laver....L' « électronisation »du morceau étant bien sûr la métaphore de cette machine. Pendant près de 4 minutes, ils nous emmènent dans l'univers onirique de cette machine qui ne peut s'arrêter. Tout est très bien composé.
Il reste encore 3 morceaux à écouter, après ce qu'on a déjà découvert, cela ne s'annonce qu'intéressant, et effectivement, « King of the night » reste dans l'idée très rétro des sonorités électroniques, de la voix à moitié parlée par dessus, un peu dans le nez, et la rythmique entêtante de la base basse/batterie. Ils parviennent à nous tenir en haleine avec des sortes de coupures à deux reprises dans le morceau, avant de repartir de plus belle, pour notre plus grand plaisir.
« Break me down » et « Don't need » sont dans le même jus, le même pur Eletric Spanglers qu'on a déjà pu entendre. Un peu de sentimentalisme dans « Break me down », qui montre une autre facette des Electric Spanglers, avec une partie de chant plus évoluée que dans le reste du cd, et une base instrumentale différente, avec des « enluminures », comme une décoration musicale autour de la voix.
« Don't need » étant quant à elle calme également, avec un son proche de l'harmonica en introduction, puis une partie de chant intéressante, en anglais, à l'image de tout le cd et du nom du groupe. Le rythme est plus lent, moins énergisant que dans les autres morceaux, comme un désespoir à moitié caché sous une mélodie en majeur nous entraînant dans les profondeurs des timbres de chaque instrument, qui ont une place de choix, tour à tour, parce que la voix n'est pas seule à transmettre des émotions.
The Electric Spangles signent un cd affirmant bien leur style d'entrée. On ne se sépare pas d'une pièce pareille une fois que l'on se l'est procurée : concentré de délires musicaux bien assumés, et parfaitement bien interprétés et incarnés par ces musiciens bourrés de talent.
MARIE
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