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Remplaçant au pied levé le groupe God Only Noise (qui a dû entendre ses oreilles siffler), le Canal Cancale de la soirée était assuré par une drôle de formation : Witch Lorraine.
Comment présenter Witch Lorraine ? Disons qu’il s’agit d’un duo punk dans l’esprit, bricolo dans les faits, et faussement naïf dans la musique. Car sous des abords un peu je m’en foutiste et décontract’ se cache une musique assez recherchée, croisement des délires de Pierre Henry, de la pop minimaliste à la Kraftwerk et des expérimentations un peu space à la Klaus Schulze. Sur laquelle vient se greffer des références plus contemporaines comme Depeche Mode ou les Beastie Boys. Le tout réalisé à partir d’instruments volontiers rudimentaires : une boite à rythme basique, des claviers cheap, des effets fabriqués à la main, une clarinette... et des projections de diapo de vacances avec des projo datant d’au moins 30 ans.
Avec ce matériau composé de bric et de broc, Witch Lorraine propose un univers singulier, un set oscillant constamment entre rigolade potache et ambiances hypnothiques, laissant le public choisir son camp. Ce qu’il a du mal à faire, ne sachant jamais vraiment sur quel pied danser, hésitant à applaudir car ne sachant pas si les silences ou les pauses font partie des morceaux en cours ou s’il s’agit de la fin de ceux-ci.
Ce côté foutraque se révèle attachant, et on se laisse happer par l’ambiance étonnante qui se dégage, même si certains morceaux ne semblent encore pas tout à fait au point.
JP










